Un homme à p(r)endre

Octave, 38 ans, est demandé en mariage par Eliane, sa partenaire du moment. Pris de court, et surtout pour se débarrasser au plus vite de sa belle au visage trop carré, il accepte. Tiraillé, entre son besoin de reconnaissance sociale et son désir d'être libre, il nous livre, à grands coups d'humour et de dérision, ses déboires sentimentaux avec toutes les femmes qui ont troublé son existence. À travers elles, entre confession et fantasme, il se regarde, s'apprécie et excite le mâle qui se trouve en lui. Son attitude féroce et provocante nous saisit par sa lucidité et nous trouble par sa légèreté. Entre la peur du vide et l'inconstance, l'égoïste deviendra meurtrier.

Biographie

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Ce monologue a été mis en scène par Marie-Agnès Drouin, Myriam Aadli, Martine Merri et Françoise Arthaud.

Il a été créé pour la première fois à l’Aktéon Théâtre à Paris en avril 2001, puis joué au Chok Théâtre à Saint-Etienne en mai 2001, au Magasin Théâtre, dans le cadre du Festival d’Avignon 2001, au Carré Davidson à Tours en janvier 2002, au Théâtre du Mayapo au Puy-en-Velay en mai 2002, au Théâtre du Gymnase Marie Bell à Paris en décembre 2002, au Festival des Batignolles en septembre 2003, au Centre Charlie Chaplin à Vaulx-en-Velin en avril 2004 et au Centre Culturel Interclub 17 à Paris en février 2005, au Zanzibar Hôtel à Paris en 2006, à l’Espace Geordie à Montréal en 2006, au centre Leonardo da Vinci en 2007 à Montréal. Dans sa mise en scène actuelle (celle de l’auteur), il a été joué au Jardin Propice en Normandie(octobre 2007) et à l’Espace Geordie (juin 2008).

Critiques

–Cette chronique d’une dérive intime se reçoit comme un coup au cœur.
Ce monologue âpre et cocasse démonte habilement les mécanismes insidieux de l’oppression sexuelle et sociale, les méandres sinueux de l’introspection.
Tout est intensément pensé et superbement mis en œuvre pour faire passer les failles, les vertiges et les contradictions de l’humain, les frémissements infinis de la vie: de la mise en scène au scalpel, où se lit tout le chaos d’une âme fracassée, à l’interprétation saisissante, habile à disséquer les blessures et motifs secrets du personnage.
Faux semblants, douleurs intimes et confidences sexuelles, propos ambitieux, on retrouve ici la patte de ce jeune auteur prometteur.
Intelligent, troublant et excitant, Un homme à p(r)endre nous propose une heure dix d’aventures épiques et de cruelle dérision. Une véritable plongée dans le bouillon de la vie. On prend, sans hésitation.
Myriem Hajoui – A Nous Paris

–Un dégoût fascinant! Bien dirigé par Myriam Aadli, le bonhomme interprète lui-même son personnage. Il est fascinant de veulerie, de petitesse, de dégoût! Ce spectacle est très bon, mais il faut avoir le cœur solide. Ou pas de cœur, ce qui est encore une solution.
Jean-Luc Jeener – Figaroscope

–Seul en scène, Alberto Lombardo reste assis sur sa chaise de supplicié pendant un peu plus d’une heure, racontant avec lucidité et dérision le repentir de ce macho invétéré Un monologue à l’humour corrosif! Un exercice de style sans filet qui mérite le détour.
Stéphanie Belpêche – Le Journal du Dimanche

–Ecrit et interprété par Alberto Lombardo et mis en scène avec une sobriété percutante par Myriam Aadli, ce texte sonne singulièrement à l’oreille. D’une gravité extrême, il peut aussi faire éclater de rire, un rire salutaire, un exutoire à l’horreur! Surprenant, dérangeant ce spectacle captive avant tout, Alberto Lombardo détenant une force incroyable, tant par les mots et les non dits que par l’interprétation, pour nous happer dans son univers féroce mâtiné de dérision. On y court !
Caroline Fabre – Paris Boum Boum

–Coup de chapeau ! Une belle création
Christine Zazial – France Bleu

–C’est l’horreur. Dans toute sa simplicité, sa fascination, ses contradictions… Drôle et féroce, Cet homme à Prendre nous a pris, séduits. Et la mise en scène intelligemment sobre de Myriam Aadli a laissé le public sans armes face à ce condamné à l’amour… Les mots sont acérés à souhait, l’humour salvateur juste ce qu’il faut pour que passe l’âpreté de ce marivaudage. Cet homme à prendre , fascinant de douleur et qui se trompe de victime, fut interprété avec inspiration et justesse par Alberto Lombardo. Le pari fut réussi. On aurait dû le haïr. On a ri.
Gillette Duroure – Le Progrès / Saint-Etienne

–Alberto Lombardo tient la scène dans un monologue quelque peu effrayant où il campe un personnage exécrable de façon remarquable. La mise en scène est parfaite, décortiquant l’homme couche après couche, pour en révéler finalement sa férocité et le vide de son être dans lequel le jette sa dispersion.
Isabelle Beziat – Le Progrès/Le Puy-en-Velay

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Extrait 1

Éliane ! Mon petit ! à quoi ça rime tout ça, Hein ? Nous ne sommes plus des enfants. Tu as bientôt trente-huit ans. Patience ! Tu me demandes de t’épouser, d’accord ! C’est plutôt généreux. Je suis même sûr que ça part d’un bon sentiment. Seulement as-tu pensé ne serait-ce qu’un court instant aux conséquences d’un tel acte ?… Non ? C’est bien ce qui me semblait ! Sommes-nous faits l’un pour l’autre, hein, je me le demande ? Mais non je ne cherche pas à me défiler, ce n’est pas ce que tu crois. Sincèrement tu nous imagines tous les deux à la Mairie devant nos amis en train de dire oui ? Les autres ne sont pas dupes va ! Ils sentiront bien que si je t’épouse c’est uniquement pour t’empêcher de faire une grosse bêtise. Et qui souffrira le plus de tous ces si lucides commérages ? À Toi ! Et tu ne cesseras pas de me le reprocher toute notre union durant. Et ça, vois-tu, c’est au-dessus de mes forces. Et ta sœur ? Qu’est-ce qu’elle va penser ta sœur ? Elle qui est ton aînée de six ans et qui n’est pas encore mariée. Tu n’as pas le droit de lui faire cet affront. Elle pensera que tu veux la narguer, elle se sentira bafouée. Et elle m’en voudra. Oh si ! je sens bien comment elle m’observe quand je viens manger chez tes parents. Ses regards m’en disent long tu sais. Elle n’attend qu’une chose : me coincer derrière une porte et m’obliger à la rendre heureuse. Une fois pendant le repas, elle m’a fait du pied. Je m’en veux d’être contraint de faire allusion à cet incident délicat, mais c’est pour que tu comprennes qu’elle représente un obstacle pour nous. Rien que d’y penser j’en ai la chair de poule. Elle me fait tellement peur. Non, malgré toute ma bonne volonté, je crois que j’aurais du mal à la serrer dans mes bras. Et puis c’est ta sœur ! Ton père ne m’aime pas c’est évident ! Ça saute aux yeux qu’il imaginait quelqu’un d’autre pour sa fille. L’autre jour, comme un cheveu sur la soupe, il m’a demandé mon âge, comme s’il ne le savait pas depuis le temps. Et tu sais ce qu’il m’a dit ? Ça doit être dur de porter un âge pareil avec un physique comme le vôtre ? Oh !… Je déteste ces phrases qui ne veulent rien dire et qui ont le don de semer le trouble dans votre esprit. Et puis, Éliane, Je n’ai jamais osé t’en parler, mais tu as les pieds froids. C’est très désagréable. Et puis, Tu n’as pas assez de poitrine. Quand je l’embrasse j’ai l’impression de chercher midi à quatorze heures. Je n’aime pas tes sous-vêtements. Ça me rappelle mon voyage dans la Creuse. Tout compte fait, Eliane, je ne vois pas ce qui a bien pu m’attirer chez toi. Tu as dû profiter de ce que je traversais une période grise pour te jeter sur moi. Je ne t’en fais pas le reproche va ! Qui ne tente rien n’a rien. Seulement maintenant j’ouvre les yeux. Avec toi, c’est l’ennui à coup sûr. Les gâteaux le dimanche. Le sapin pour Noël. Pas ça, pas ça ! Mon Dieu ! Qu’est-ce qu’elles ont toutes à me poursuivre !? Je suis damné.

Extrait 2

Tout à coup je lui prends la main, je me mets à lui dire des choses, des choses que je n’ai jamais dites à aucune autre femme. Je lui dis que j’ai envie d’elle, que c’est purement sexuel ! Que c’est la première fois que ça m’arrive d’avoir une envie aussi spontanée. Que d’habitude j’ai toujours besoin d’un temps d’adaptation. Que ça m’étonne moi-même parce qu’elle n’est pas du tout mon genre. Je lui précise aussi qu’il n’est pas question d’amour entre nous, que de toute façon je suis déjà pris. Elle me dit qu’elle aussi… Ah !… Mais que je ressens un certain désir pour elle. Quelque chose de bestialement physique ! elle me dit qu’elle aussi… Oh !… Que ce qui m’excite c’est la possibilité que j’entrevoie de forniquer avec elle dans des lieux publics. Là, elle me demande d’être plus explicite parce qu’elle n’est pas sûre d’avoir tout saisi. Je pense que c’est le terme de forniquer qui la met dans l’embarras. Je lui explique que j’ai envie de faire des choses avec elle, mais dans des circonstances particulières… Je ne sais pas moi, on pourrait se toucher, dans les parcs, en plein jour, au vu des passants. Baiser dans les toilettes d’un Musée ou d’un cinéma. Foutre mal à l’aise une tierce personne, en se faisant des cochonneries devant elle, dans un endroit non approprié, comme dans une salle d’attente de dentiste par exemple. Elle me répond qu’il faudrait au moins que l’un de nous deux ait des problèmes de dents… À ses côtés, je m’enflammais, je prenais ma véritable dimension.


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