Quand mon cœur bat, je veux que tu l’entendes

Ponctué de témoignages vidéo de femmes et d'hommes interrogés qui nous livrent à brûle-pourpoint leur vision de la relation amoureuse pendant que sur scène un couple d'homme et une femme jouent leur histoire, ce spectacle tragi-comique présente l'amour comme les tremblements du désir qui dévastent la vie des personnages, éprouvant leur fidélité et surexposant leur fragilité.

amour

La rencontre, le désir, le quotidien, la jalousie, l’infidélité, la rupture, après la rupture… Les principales étapes de la relation amoureuse sont déclinées. Cet amour-là se joue au présent, un éternel présent des sentiments. Il affronte la norme, détourne la tolérance, se joue des diktats, acquiesce et renie.

Quelle que soit notre orientation sexuelle, le langage de l’amour demeure universel.

 

Mario est un journaliste exalté, avide de rencontres. Les confessions amoureuses des femmes et des hommes qu’il interroge l’obsèdent et le font chavirer. Arnaud aime Mario, un point c’est tout. Il serait même prêt à devenir hétéro par amour. Pauline, elle, est instable. Et là ça dérape. Mario chavire, Pauline coule, Arnaud garde le cap. Et tout le monde navigue à vue, à voile et à vapeur, pour le pire et le meilleur.

Ecran Quand mon cœur bat, je veux que tu l'entendes
Ecran Quand mon cœur bat, je veux que tu l’entendes

Heureusement la langue sauve l’humour, l’humour sauve l’amour. Je veux bien recommencer, mais s’il te plaît : Quand mon cœur bat, je veux que tu l’entendes.

Paroles d’auteur

C’est la première fois que j’aborde frontalement le thème de l’homosexualité. C’est un chapitre que j’ai toujours laissé de côté, même si certaines de mes pièces mettent en scène des personnages homosexuels. Mon théâtre expose depuis toujours les relations amoureuses, la difficulté d’aimer et le besoin d’être aimé.

C’est une commande du festival Autrement gay de Saint-Etienne en juin 2008, qui m’a incité à m’y consacrer. Et je me suis aperçu en écrivant ce spectacle que ça ne changeait rien. L’amour reste l’amour, un sujet universel. Les problèmes que rencontrent les gens sont et seront toujours différents et quelle que soit notre orientation sexuelle, notre façon d’aimer et l’être que nous aimons, nous avons tous nos peurs, nos désirs et nos fantasmes.

Biographie

Création pour le festival Autrement gay de Saint-Etienne en juin 2008. Prix de la meilleure oeuvre originale lors du Festival de Théâtre Parisien Gay et Lesbien en avril 2009. Représentations au Théâtre Côté Cour à Paris en mai-juin 2009.

Critiques

Dans le cadre du IIIe Festival parisien du théâtre gay et lesbien , se joue en ce moment, une pièce autant sociologique que philosophique sur l’amour au masculin. Mario qui vit en couple avec un instituteur, est journaliste et les questions qu’il pose aux personnes dans la rue tournent autour du jeu de l’amour. Et là, sur un écran (placé comme décor), c’est le spectateur lui-même qui est face à l’intimité des personnes interrogée, se dévoilant sur les thèmes tels que la fidélité, l’angoisse d’aimer l’autre ou la peur de ne pas savoir aimer vraiment. C’est ce à quoi nous fait réfléchir la pièce ; C’est une enquête de sociologie qui nous est servie et on ne saurait raisonnablement la refuser. Aussi, il y a comme une ambiguïté dans la pièce : Mario est certes journaliste, il travaille bien sur les propos des individus interrogés mais nous aussi -Public- finalement, faisons ce même travail. D’autant plus que le couple imaginé et mis en scène par Alberto Lombardo passe par une période de crise. Mario se laisse séduire par un dandy, mais il jouit encore du caractère courageux, douloureusement éphémère de ce qu’est l’infidélité.
Pourtant, ce n’est pas cette vie de couple maintenue depuis une dizaine d’année qu’il veut fuir, mais seulement cette monotonie qui vient se greffer (inévitablement?) à tous les couples qui s’aiment et vivent depuis si longtemps ensemble. Et, au milieu des péripéties sentimentales que traverse le couple, se trouve la comédienne – remarquable Marine Martin-Élhinger qui interprète le rôle d’une femme névrosée, folle amoureuse d’une Eléonore, elle, indifférente.
Elle le vit comme une véritable déchirure et c’est sur scène qu’elle nous offre le spectacle de la rupture amoureuse.
La pièce est extrèmement réussie grâce à une mise en scène bien structurée ; On bascule d’une histoire à une autre sans heurt, et tout s’enchaine merveilleusement. Aussi, dans les questions de l’amour, qu’il soit hétéro ou gay, chaque être ressent les mêmes extases comme les mêmes agonies, et ce, en quoi nous réconcilie ce très bon spectacle.
Nesrine AISSANI – 10 juin 2009 – letopnumero1.com

J’aime, tu m’aimes, il m’aime. M’aimez-vous ? Comment ? êtes-vous jaloux, libertin, fidèle, homo, bisexuel, monogame, fétichiste ? Préférez-vous les voiles ou les vapeurs, le froid ou la chaleur ? Mario (Alberto Lombardo) enquête depuis quelque temps sur les différentes manières d’aimer en filmant les gens qu’il rencontre. Arnaud (Pierre Koenig), son compagnon, constate avec dépit que Mario s’intéresse de trop près aux personnages de ses interviews et le délaisse. Quant à Pauline (Marine Martin-Ehlinger), elle trimballe son cœur en souffrance à la recherche de son ex-petite amie, jamais vraiment quittée, jamais vraiment retrouvée. La réussite de ce spectacle d’Alberto Lombardo tient au mélange astucieux de scènes jouées et d’extraits vidéo (remarquable montage d’Isabelle Delamare) où de véritables témoins nous font part de leur vie amoureuse. De l’écran au plateau, du réel à l’imaginaire, le spectateur, amusé, intrigué, est tenu en haleine pour tenter de cerner les mystères de notre mécanique sentimentale à travers les soubresauts affectifs des personnages qui pourraient bien nous ressembler ! Originale, riche, formidablement interprétée, cette performance inédite a le mérite de nous interroger : si l’amour n’a décidément pas de sexe, il a malgré tout ses humeurs !
Hélène Kuttner – juin 2009 – Pariscope.fr

The text is thick and there’s lots to discuss when it comes to this play, but what really pulled it all together for me was Marine Martin-Ehlinger’s performance. Her character has just broken up with her lesbian lover of 10 years, and it hurts. Battling between the extremes of despair and anger, as well as the need to cover up her pain in front of others, the character is complex and hard to pin down, and Martin-Ehlinger’s performance of her heightens both the risk and the contrast between her competing instincts. She’s calm one minute and violent the next, keeping the audience waiting for her to return to the stage.
In a word, I’ve become a fanboy. I don’t know what it is, but when she was pulling at her hair and screaming for the pain to be over, something just clicked and I felt like I got it. She brings and rawness, a reality, and an immediateness to the play that I’ve never seen on stage before.
The other performances were intense and admirable as well, including Alberto Lombardo’s as Mario (who also wrote and directed the play), a journalist assigned to collect the interviews who eventually cheats on his timid yet sensitive boyfriend.
The basic story couldn’t be more banal, yet the fresh perspective brought to it through the interviews as well as the undeniable queerness of the characters as well as their honesty with the audience. That is to say, yes, it’s a love story and a break-up story, but in a character-driven piece such as this one that doesn’t get in the way of taking the text seriously.
Alex Blaze – avril 2009 – The Bilerico Project

C’est une histoire d’amour qui se joue au présent, un éternel présent des sentiments. Mais ce présent n’a pas toujours la même vitesse, la même texture, il se précipite, s’oublie, s’attarde, se retourne. Cet amour là veut réunir les multiples images de lui, séparées, désaccordées, par le fil d’un récit théâtral, celui de son existence, depuis sa naissance sur une plage jusqu’à sa fin: un désert.
Cet amour là est singulier, mais se construit en contrepoint, connivence ou répulsions des autres voix, polyphonie de la rumeur qui l’entoure.
Il se nourrit des discours sur l’amour, complice des injonctions, des interdits.
Il affronte la norme, détourne la tolérance, se joue des diktats, acquiesce et renie.
Ce sont ces visages, fonds de scène, et qui disent « je » entre réel et fiction qui éclairent ou désavouent par leur propre histoire ce qui se joue entre ces deux-là.
Estompe et relief, caricature et vérité nue, ronde incessante des illusions et des croyances qui veulent répondre à une question, une seule question :
à quoi ça sert l’amour ?
Antoine Le Men – juin 2008 – Tribune Libre


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