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Mouvements 21 sans bémol

Infos
Personnages 3 femmes
7 hommes
1 narrateur
Durée 50 minutes
Année 2007
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Personnages
Synopsis
Biographie
Extrait 1
Extrait 2
nota bene
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Personnages

Lucie de France : Patronne d'agence d'automobile, femme de fer au cœur d'or

Lucie de Mongolie : Veuve désespérée

Émile : Chauffeur et technicien, ténébreux

André : Chauffeur et technicien

Jojo : Chauffeur et technicien

Marcel : Chauffeur et technicien

Gaston : Cauffeur et technicien

Le facteur

M. Blanchard : Docteur

La cliente libidineuse

Le narrateur

Synopsis

C'est l'histoire d'un amour perdu et retrouvé. C'est une histoire de confusions et de ressemblances. C'est une histoire de trahison, de tromperie, d'amitié bafouée. C'est une confidence, un aveu, une requête, une supplication, l'espoir d'une rédemption. Elle met en scène des hommes et des femmes, elle ravive les souvenirs et les désirs. C'est une histoire de mouvements, de départs et de nouveaux départs. C'est un moment où les êtres se croisent, où les existences se mêlent, où le destin s'en mêle. C'est un adagio envoûtant qui a le pouvoir de suspendre le temps.

Jusqu'où, pour l'amour d'un homme, peut aller une femme amoureuse ?... Quand le désir est là jusqu'où nous mène-t-il ? La réalité est toujours plus folle que le plus fou de nos délires.

Biographie

Mouvements 21 sans bémol a été diffusée sur France-Culture en janvier 2007, puis, RFI et RFO.

Avec: Laurence Masliah, Sophie Barjac, Eric Viellard, Alexandre Aubry, Gérald Morales, Franck Lorrain, Donatien Guillot, Didier Brice, Manoelle Gaillard, Jean-Claude Sachot, Lucy Harrison, Rémi Goutalier, Alexandre Styker et Alberto Lombardo. Dans une réalisation de Myron Meerson.

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Les 10 premières minutes

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Extrait 1

LE NARRATEUR. Lucie Davergne est une femme déterminée, intransigeante et généreuse, adulée par ses clients et respectée par ses employés. Tous des hommes évidemment ! Lucie dirige une agence de location d'automobiles de prestige avec chauffeurs, implantée dans le sud de la France. Ses employés, tout à la fois techniciens, chauffeurs, conseillers, guides et animateurs naviguent entre le garage, les vestiaires, la boutique et l'extérieur.

Il y a Jojo, technicien en chef, Gaston, un peu ronchon, André, qui déteste qu'on l'appelle Dédé et qui vient d'arriver, Marcel toujours en selle, et Emile, un beau latin viril.

Perchée sur son tabouret, derrière son imposante caisse enregistreuse, Lucie Davergne, telle Gaia veillant sur sa progéniture, surveille les va et vient de ses employés, répond au téléphone, renseigne, conseille, satisfait sa clientèle, encaisse, et jouit de sa réputation immaculée. Lucie a réussi à faire prospérer son entreprise au prix de sa liberté et au mépris de sa vie de femme.

En ce début de belle journée du mois d'août de l'année en cours, à l'heure où l'agence s'apprête à ouvrir ses portes, Lucie, comme chaque matin, tient son meeting quotidien (Bruit de clochette.) devant son parterre de chauffeurs dociles et éblouis. Oui, Lucie est encore, malgré sa quarantaine, une femme qui subjugue. Elle récapitule le programme et les tâches de la journée pour chacun.

Au même instant, au fin fond de l'Asie, dans une belle yourte moderne et confortable, située en pleine steppe mongole, à deux cents kilomètres d'Oulan-Bator, Lucie Amaranche, une femme éblouissante qui transpire le romanesque et l'extase, essaye depuis quelques instants, de se trouver un petit havre de tranquillité afin de pouvoir rédiger sa lettre.

Mais les garnements, deux frères de huit et dix ans, qu'elle a accepté de garder pour la journée, afin de soulager leur mère (sa voisine la plus proche, à trente minutes à cheval mongol) qui devait se rendre de manière urgente dans la capitale - ces deux galopins, disions-nous, ne lui en laissent guère la possibilité. En effet, les deux monstres s'agitent en tous sens, courent, hurlent sous la tente, comme heureux de découvrir un nouveau château à assiéger.

Extrait 2

Agence, matin.

Lucie de France, Jojo, André et Marcel ; puis Gaston et enfin, Emile.

Lucie fait sonner la clochette une seconde fois afin de mobiliser ses troupes. Jojo, André et Marcel répondent à l'appel, un peu dissipés. Jojo et Marcel ont l'air de se prendre le chou à propos d'une veste.

LUCIE DE FRANCE (qui agite de nouveau la clochette). Silence dans les rangs. Que se passe-t-il encore ?

MARCEL. Jojo a pris ma veste.

JOJO. N'importe quoi, tu vois bien que c'est impossible, tu t'es vu, tu m'as vu ?

MARCEL. Alors pourquoi je trouve pas la mienne ? Et pourquoi la tienne ressemble à la mienne ?

LUCIE DE FRANCE. Marcel, vous êtes soûlant ! Jojo fait trois tailles de plus que vous, comment pourrait-il endosser votre veste.

MARCEL. Ça je sais pas, mais c'est sûr !

JOJO. T'es cinglé mon Marco.

MARCEL. Commence pas les insultes.

LUCIE DE FRANCE. Ça suffit, vous réglerez cela plus tard. Nous avons du pain sur la planche aujourd'hui. Et je compte sur vous. Le maire a commandé trois de nos plus beaux engins pour balader le fameux groupe anglais... (Elle cherche.) Un nom anglais... ?

ANDRÉ. Pretty Boys !

LUCIE DE FRANCE. C'est possible. Quoi qu'il en soit, ils se produisent dans la city, et ils ont besoin de circuler facilement tout en se faisant remarquer. Alors Jojo, tu sais ce qui te reste à faire.

JOJO. Les trois Bugatti, ça me paraît bien, qu'est-ce que vous en pensez ?

LUCIE DE FRANCE. Excellent. (à ANDRÉ.) Vous, le nouveau...

ANDRÉ. André Madame, mais pas Dédé, j'aime pas.

(Marcel et Jojo ricanent sous cape: " Il est drôle le petit... Elle l'a déniché où... etc. )

LUCIE DE FRANCE. Vous lustrerez les Bugatti. Et je veux que ça brille, qu'on puisse s'y voir dedans. Compris ?

ANDRÉ. Oui.

LUCIE DE FRANCE. Qui ?

JOJO (à André). Eh petit, si tu veux rester ici, faut que tu sois poli.

MARCEL. T'as compris ? Oui, Madame.

JOJO / MARCEL / ANDRÉ. Oui, Madame.

LUCIE DE FRANCE. Ça va n'en faites pas trop. (Gaston arrive.) C'est à cette heure-ci qu'on arrive ?

GASTON. Nicole a oublié de me réveiller.

LUCIE DE FRANCE. Je ne veux pas le savoir. Vous avez vérifié l'huile et l'eau de la Mercedes ?

GASTON. Comment voulez-vous, puisque je viens d'arriver.

LUCIE DE FRANCE. Eh bien, c'est pas normal. Je ne vous paye pas pour dire non. (Emile fait son entrée. Plus douce.) Ah ! Emile, Madame Demonile a une course importante à faire, elle n'a pas su me dire où, elle rappellera, elle a réservé pour la journée.

(Gaston marmonne dans son coin.)

EMILE. Très bien, Madame Lucie.

MARCEL (à Emile). C'est l'amour fou avec la Demonile, hein Mimile ?

EMILE. T'es jaloux ?

JOJO. Tu lui fais entendre ta belle voix, à la veuve ?

EMILE. T'aimerais bien en avoir une comme moi, avoue ?

LUCIE DE FRANCE. Un problème Gaston ?

GASTON. Non non, rien.

LUCIE DE FRANCE. Sinon, faut cracher, vous savez, je préfère quand y a pas d'ambiguïté.

MARCEL. Soulage-toi mon vieux.

GASTON. Laisse-moi je vous dis, y a rien.

JOJO. Moi, je sais. Il est pas content parce que vous lui reprochez d'être en retard et que vous dites rien à Emile.

LUCIE DE FRANCE. C'est vrai ça Gaston ?

GASTON. Mais non, c'est bon, je vous dis.

LUCIE DE FRANCE. Allez tous à vos postes. Dédé allez ouvrir !

(Les autres s'éloignent et continuent à charrier Emile avec la Demonile.)

ANDRÉ. André, Madame.

LUCIE DE FRANCE. C'est à votre mère qu'il faut vous plaindre.

nota bene

Il existe une version théâtrale de cette fiction. Il s'agit d'une correspondance théâtrale entre les deux héroïnes.

Cette version a été traduite en italien par Fausta Squatriti sous le titre Movimento 21 senza bemolle.

Si vous souhaitez les lire, veuillez contacter l'auteur directement.